A l'école, à la télévision on ne cesse de nous répéter que le capitalisme est la moins pire des solutions. Que de toute façon, le communisme, ça ne peut pas marcher. Autant vous le dire tout de suite, s'il n'y avait que le communisme et le capitalisme comme choix pour notre économie, la nature serait vraiment bizarrement faîte !
En effet, alors que le capitalisme est dirigé par la recherche de profit et la possibilité de spéculer grâce à un capital existant, le communisme lui est une conception de société sans classe, une organisation sociale sans État fondée sur la possession commune des moyens de production.
Ainsi, l'orientation économique serait une sorte de choix cornélien entre le tout profit et le bénévolat ? Drôle de postulat de la part de nos chers dirigeants, laissez-moi vous éclairer sur quelques points...
Notre choix actuel
A l'heure d'aujourd'hui, nous n'avons pas beaucoup le choix car les seuls partis susceptibles d'arriver au pouvoir (et même la grande majorité de ceux qui n'y parviendront jamais) ne nous proposent qu'une sensible variation dans l'application du modèle économique que représente le capitalisme.
C'est là que c'est particulièrement fort ! D'une part, on nous présente le capitalisme et le communisme comme les deux seuls modèles économiques possibles et ensuite, on nous propose de choisir parmi le capitalisme et le capitalisme ! Mais cette situation si pittoresque n'est pas vraiment le fruit du hasard.
Pourquoi tant de capitalistes ?
Parmi les raisons que j'ai pu identifier, il en existe trois que je souhaite développer :
- d'une part, la classe dirigeante de notre pays possède pour au moins 90% des cas un capital. D'abord, de part leur âge (on est plus riche à 50 ans qu'à 20ans), de part leur condition (qui n'a jamais rêvé d'un salaire de Ministre ?), mais aussi de part leur classe sociale (rien qu'à leur accent, je dirai que la majeure partie de la classe politique ne sort pas de milieux modestes). Or, la classe politique, c'est quand même elle qui fait les lois et elle a peu d'intérêt, tous bords confondus, à prendre aux riches pour donner aux pauvres.
- d'autre part, la pression internationale. En effet, on oublie souvent que la guerre froide, c'est aussi et surtout une pression incessante des Etats-Unis pour anéantir un modèle différent du sien. A l'heure où on nous sert la tolérance à toutes les sauces, je trouve difficilement acceptable une telle ingérence dans la politique économique d'un pays. D'ailleurs, je ne serait pas étonné que cette guerre d'idée ait été financée en grande partie par les grosses fortunes de la planète pour lutter contre un modèle qui les plumerai totalement.
- enfin, on peut se demander pourquoi, ce système qui privilégie une minorité est si communément admis par la majorité des citoyens. Plusieurs raisons à cela : l'ignorance, dans un premier temps, permet de rallier à la cause capitaliste une part non négligeable des citoyens. L'idée est simple, il suffit de donner à chacun sa chance, si minime soit-elle, l'espoir de devenir riche peut faire d'un pauvre un capitaliste fervent. Le lotto fait parti de cet abrutissement général de la population. Mais ce n'est pas tout. Le capitalisme partage les gains, et c'est cela qui fait adhérer à ses principes la population lettrée. En effet, qui n'a jamais placé un peu d'argent et gagné des intérêts, infimes certes, mais le fait d'avoir gagné de l'argent, si faible soit la somme, contribue à faire perdurer l'idée que le capitalisme est un bien ultime.
Mais alors, vous êtes communiste très cher !
Eh bien non ! Je suis pour la plupart des concepts du capitalisme comme la propriété de l'outil de production qui permet de pérenniser ce dernier. La recherche de profit. La liberté des échanges économiques qui favorisent la démocratie et le nivellement des niveaux de vie, la rémunération du travail par un salaire.
D'ailleurs tous ces concepts sont un cheval de bataille pour moi, je trouverai intolérable que ces derniers ne soient pas honorés dans une société démocratique. Le fonctionnement même de la démocratie impose ces droits fondamentaux car il vont dans le sens de l'intérêt général.
En réalité, seul le fondement étymologique et intrinsèque du capitalisme me dérange. C'est l'importance du capital, les possibilités de l'échanger (en Bourse), de l'accumuler et de spéculer. Car c'est de là que viennent tous les problèmes liés au capitalisme.
Ne travaillez pas pour gagner plus
La spéculation, l'intérêt sur emprunt. Rien que le fait d'écrire ces mots me donne envie de casser mon clavier. Cette idée contre-nature (et récente contrairement aux idées reçues) qu'on a le droit de gagner de l'argent sans rien faire me dégoûte.
Essayez donc de mettre des pommes dans votre grenier et d'attendre qu'elles se reproduisent toutes seules ! La seule chose à laquelle vous arriverez, c'est à leur pourrissement programmé. Et c'est exactement ce qui arrive à notre planète aujourd'hui.
La spéculation permet aux gens qui ont déjà beaucoup d'argent d'espérer en obtenir plus sans rien faire, juste en le prêtant. Alors certains diront que ce qui justifie les intérêts, c'est le risque. Mais si le risque justifiait à lui seul la spéculation, personne ne le ferait puisque l'assurance de ce risque couvrirait la totalité des gains.
Et si je vous disais que la spéculation et l'usure sont la source principale des problèmes de l'humanité dans sa globalité ? Vous êtes sceptiques ? Alors voyons ensemble ce que cela apporte à l'être humain !
Le capital ou la tyrannie douce
Ce n'est pas nouveau, certains hommes rêvent, depuis la nuit des temps, de dominer tous les autres. Qu'ils soient dictateurs, religieux ou encore business men, ils convergent tous vers cette idée qu'ils sont supérieurs aux autres et qu'ils méritent la gloire.
Dans les tribus primitives, le chef était souvent le plus fort. Il restait chef jusqu'à ce qu'un autre, plus fort que lui, ne prenne sa place. Ainsi, le chef, pour maintenir sa position dominante était obliger de démontrer fréquemment sa force et vivait dans une sorte de paranoïa généralisée qui finalement gâchait son plaisir de chef suprême. De plus, restait le problème de la descendance, un molosse peut engendrer un nain, dès lors, ce dernier ne serait jamais en mesure de prendre la relève.
Puis apparût la société. Les chefs ne dominaient plus que quelques hommes, mais toute une civilisation. Il leur fallut faire preuve d'imagination pour asservir un peuple dont ils ne croiseraient jamais plus de 1% de ceux qui le constituaient. La force ne servirait plus, il leur fallait autre chose. C'est là que la principale faille de l'homme fût exploitée sans vergogne. Son penchant pour le mysticisme le conduit à se soumettre à une autorité émanant de Dieu. D'abord par petits groupes, puis par territoires entiers avec les grandes religions monothéistes. De plus, la question de la filiation était résolue, le pouvoir de droit divin se transmettrai, de père en fils.
Seul problème, le concret. En effet, soumettre le peuple a des idées, c'était faisable, mais lui ôter le pain de la bouche, le priver de possessions matérielles, honnêtement gagnées, c'était une autre paire de manche. Comme le disait Pascal la raison est la chose de ce monde la plus partagée. Et n'importe qui saura choisir entre une poignée de sable et un bol de riz en plein milieu du désert. Or, dans une société matérialiste, qu'est-ce que le pouvoir si on ne peut en tirer avantage ?
C'est là qu'une brillante idée apparût aux yeux des maîtres du Monde. Puisque les gens veulent du concret, de l'argent, alors déplaçons le pouvoir vers l'argent. La société toute entière s'est progressivement mise à tourner autour de l'argent. La seule problématique, éviter qu'il ne change de main. Assurer la filiation. Il fallait inventer un système qui permette à ceux qui ont le plus d'argent, de le conserver et de ne pas entamer leur fortune de part leur consommation pour pouvoir ensuite la léguer aux générations futures.
Simple, mais terriblement efficace. Puisqu'ils avaient de l'argent et que d'autres en voulaient autant qu'eux, ils prêteraient contre intérêt et asserviraient en faisant le bonheur provisoire de l'emprunteur. C'est ainsi que notre société traîne cet héritage en fardeau. Certes, aujourd'hui, il est possible de changer de classe sociale, mais franchement, ce n'est pas une généralité. Et le résultat est toujours le même, une minorité profite de la majorité.
Vous me retorquerez que je ne suis pas obligé d'emprunter, mais franchement, quand on part de zéro, a-t-on vraiment le choix ? Et puis, il ne faut pas oublier que si je n'emprunte pas, l'Etat se chargera de le faire pour moi. Et je me vois difficilement refuser de payer la part de remboursement d'une dette non décidée.
Alors, je peux dire ce que je veux, mais je reste un esclave comme la plupart de mes concitoyens. Comme je le dit souvent, j'accepte ma condition d'esclave. Vous trouvez le mot fort ? Alors passons au concret par un petit calcul.
Le poids des chaînes
Personne ne remettra en question le fait que puisque d'un côté certains gagnent de l'argent avec de l'argent, d'autre en perdent. Si je vous disais qu'au moins 30% de vos revenus doivent être saisis pour être donnés aux riches au seul motif que ces personnes sont riches, comment réagiriez vous ? Très violemment probablement.
C'est pour cela que bien que je la dénonce, j'admire sa subtilité. La tyrannie douce de l'argent prend sans que l'on s'en rende compte, elle se cache partout et je m'en vais vous le prouver. Je vais partir du principe que nous parlons d'un couple sans enfants vivant avec 2500€ net par mois.
D'abord, les Etats. Il faut savoir qu'au minimum 50% de vos impôts servent à rembourser la dette de l'Etat. Donc, dans le cas de notre couple, 50% des impôts sur le revenus, taxe d'habitation etc... sont des intérêts versés directement aux plus riches de la planète. De plus, 50% de la TVA sur les biens à la consommation sont également versés selon le même mécanisme (sans parler de toutes les autres taxes particulières comme le carburant). Nous ne le considérerons pas dans nos calculs, mais il faut prendre en compte également le fait que certaines retenues sur salaires (assurance maladie par exemple) ne font que rembourser de l'intérêt.
Mais ce n'est pas tout. Les entreprises aussi sont endettées, pour reprendre l'actualité, EDF s'est récemment illustrées dans le domaine en empruntant auprès des particuliers (des particuliers particulièrement riches en passant). De ce fait, on peut dégager un pourcentage supplémentaire de paiement d'intérêt sur tous les biens à la consommation qu'on peut estimer à 5%. A savoir que les biens à la consommation sont en général renégociés, transformés plusieurs fois par plusieurs entreprises qui chacune prennent une marge dans laquelle un remboursement de dette intervient. Ce qui fait de notre taux de 5% un taux particulièrement sous estimé.
Enfin, notre couple, peut certainement avoir à contracter des prêts à divers taux. En partant du principe que notre couple est lettré, excluons les crédits à la consommation et ne parlons que d'un crédit immobilier de 150 000€ et de deux crédits auto de 10.000€ chacun. Cela nous donne pour ces deux emprunts respectivement 50.000 et 2.000 euros d'intérêts environ.
Bref, si on fait la somme, en considérant que notre couple commence à travailler à 20ans et meurs à 90 ans, cela nous fait 70 ans à 2500€ soit 2.100.000 euros de revenus sur la vie.
On retire 52.000€ d'intérêt pour les crédits, 50% de l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation et le foncier qu'on amène à 1200€ annuel sur 40ans. Soit 1200*0.50*40= 24000 euros.
Il nous reste donc 2.100.000-52.000-24.000 = 2.024.000 € de pouvoir d'achat. Mais de ce pouvoir d'achat, nous devons déduire 50% de la TVA qui va servir à rembourser la dette soit 10% du pouvoir d'achat environ ce qui nous donne 2.024.000-2.024.000*0.10=1.821.600.
Retirons également de ce montant 5% d'intérêts payés au travers des entreprises qui produisent ou transportent ces biens : 1.821.600-2.024.000*0.5=1.720.400.
Ce qui nous donne au total 1.720.400 / 2.100.000 * 100 = 81%. Vous ne dépensez donc réellement que 80% de votre argent maximum. 1/5 (20%) de tout ce que vous gagnez dans votre vie va directement dans les poches des personnes les plus riches du monde. Et ce si vous ne faîtes vraiment aucune folie, je vous laisse le soin de faire le calcul avec l'accumulation de crédit revolving, de rachat de crédit, de financement/location... etc... Vous trouvez toujours que le mot esclaves est mal choisi ?
Pourquoi personne ne se révolte ?
Excellente question, j'y ai répondu en partie. Il faut être vraiment tordu pour faire le calcul que je viens de faire rapidement. La plupart des gens ne se posent même pas la question et pour cause ! Il sont maintenus la tête dans le guidon, empêtrés dans leur quotidien misérable fait de subsistance et de peur du lendemain.
Ce quotidien, je le connais bien, puisque je le vis tous les jours. Alors que faire ? Prôner le communisme, prendre l'argent aux riches ? Non. Juste remettre les choses dans leur contexte, les gens doivent savoir cela et un parti politique doit porter ce message de refus de l'usure et de la spéculation. Je n'ai rien contre l'argent gagné par le travail, la persévérance. Mais aujourd'hui, le travail et la persévérance sont taxés à hauteur de 20% par des gens qui ne font rien de leur journée.
Comme le disait mon grand père, les bons riches sont ceux qui dépensent leur argent. D'une part, parce qu'ils profitent du fruit de leur travail et d'autre part parce qu'ils permettent à d'autres de s'enrichir par le travail. Aujourd'hui, l'appât du gain donne lieu à des situations catastrophiques pour la planète et pour les générations futures tout simplement parce que l'économie est oppressée par le crédit, le poids des dettes et de l'intérêt.
A quoi cela servira-t-il d'avoir des milliards sur son compte quand la terre ne sera plus qu'un champ de ruine ? Pour l'intérêt général, notre génération se doit de refuser le crédit sous toutes ses formes pour laisser un monde meilleur à nos enfants. Que la droite ne joue pas sur ce terrain, soit, mais par pitié, politiques en tout genre, pensez à l'intérêt général, parce qu'à long terme, ce dernier représente l'intérêt de votre propre descendance également. Je ne vous demande pas de vous dresser contre le capitalisme, mais contre son défaut, contre ce parasite de l'humanité qu'est la dette. De faire preuve de courage et de refaire de la politique un noble art, celui d'entrer dans l'Histoire par la noblesse de ses actions.
Alors que faire ?
Introduire la notion de travaillisme. Le concept est simple, on peut accumuler de l'argent, si on le souhaite (pour acheter une voiture, pour le donner à ses enfants), mais on ne peut gagner de l'argent que par le travail. Que ce soit à travers la gestion d'un outil de production ou encore de part un travail rémunéré en tant que salarié, l'argent ne doit pouvoir être gagné que par le travail.
Il faut créer un parti travailliste qui se démarque du capitalisme et du communisme. Il faut conserver la notion de prêt accordé par les banques avec les dépôts des particuliers ou des entreprises. Mais ces derniers ne seraient pas rémunérés. Tout juste assurés et couvrant l'inflation et les frais de gestion. Ces prêts doivent être rigoureusement réglementés pour éviter les abus de confiance et de faiblesse actuellement pratiqués par de nombreuses banques.
Ce n'est que comme cela que nous serons capable d'améliorer le monde, de préserver la nature et d'en finir avec les nombreuses souffrances de l'humanité entière. Puisse ce souhait s'exaucer un jour. Vos commentaires sont les bienvenus.
La banque, le crédit, la monnaie sont des services publics.
RépondreSupprimerLa banque, le crédit, la monnaie doivent être nationalisés.
C'est la première chose à faire.
Après, il faudra faire le reste. Mais seulement après.
@BA je suis parfaitement de ton avis, le problème, c'est que politiquement, c'est moins parlant pour le peuple. Il faut tenir un discours de rupture, les français en ont assez des "ajustement" qui n'impactent en rien leur vie quotidienne, ou alors, en mal.
RépondreSupprimerL'ignorance est le problème principal. Un peuple éveillé crée la monnaie par le Revenu de Base.
RépondreSupprimerIl convient donc d'enseigner et de faire comprendre les mécanismes de la monnaie. Une fois ce travail effectué, le Revenu de Base se met en place naturellement et cela brise les chaînes sans aucun effort supplémentaire.